Épilepsie chez les chiens : Guide complet pour les propriétaires

Des informations claires, sans jargon, pour toute personne qui s’occupe d’un chien épileptique.

Voir son chien faire une crise pour la première fois est l’une des expériences les plus terrifiantes qu’un propriétaire puisse vivre. Le corps se paralyse, l’esprit se vide, et quand tout est fini — parce que ça finit toujours — on reste là à trembler, sans savoir ce qu’on a bien fait, ce qu’on a mal fait, et ce qui va se passer la prochaine fois.

Ce guide existe pour que, la prochaine fois, vous soyez préparé. Non pas pour remplacer votre vétérinaire — ce lien est irremplaçable —, mais pour que vous arriviez à la consultation avec plus de clarté, moins de peur et les bonnes questions.

Qu’est-ce que l’épilepsie canine ?

L’épilepsie chez le chien est un trouble neurologique chronique qui provoque des crises convulsives récurrentes. Pour le dire plus simplement : quelque chose dans le cerveau de votre chien génère des décharges électriques anormales qui interrompent son fonctionnement normal pendant une courte période.

Ce qu’il est important de comprendre dès le début, c’est que l’épilepsie n’est pas une maladie unique avec une seule cause. C’est plutôt un symptôme — une manifestation — qui peut avoir des origines très diverses. C’est pourquoi le diagnostic prend du temps et nécessite des examens : le vétérinaire ne fait pas seulement que confirmer que votre chien a l’épilepsie, il essaie de comprendre pourquoi il l’a. Et cela change complètement le traitement.

L’épilepsie canine touche environ 1 à 2 % des chiens, ce qui en fait le trouble neurologique le plus courant chez cette espèce. Vous ne faites pas face à quelque chose de rare ou d’extraordinaire. Il y a des milliers de propriétaires qui vivent exactement la même chose que vous en ce moment.

Pourquoi cela est-il arrivé à mon chien ?

C’est la question que se posent presque tous les propriétaires, souvent avec un sentiment de culpabilité sous-jacent : ai-je fait quelque chose de mal ? A-t-il mangé quelque chose qu’il ne fallait pas ? Était-ce le stress ? Aurais-je pu l’éviter ?

La réponse honnête est : dans la grande majorité des cas, non. Ce n’est pas de votre faute.

L’épilepsie canine est classée en trois grands groupes selon son origine :

  • L’épilepsie idiopathique est la plus fréquente et survient sans aucune cause structurelle identifiable dans le cerveau. On pense qu’elle a une base génétique et elle apparaît généralement entre six mois et six ans. Des races comme le Berger Allemand, le Labrador, le Border Collie ou le Beagle y sont plus prédisposées, bien qu’elle puisse toucher n’importe quel chien.
  • L’épilepsie structurelle a quant à elle une cause identifiable : une tumeur, une lésion, une inflammation ou des dommages cérébraux dus à une autre maladie.
  • L’épilepsie réactive survient en réponse à une cause externe, telle qu’une intoxication, une hypoglycémie sévère ou des problèmes métaboliques — et dans de nombreux cas, en traitant cette cause sous-jacente, les crises disparaissent.

Savoir dans laquelle de ces catégories se trouve votre chien est le premier grand pas, et c’est quelque chose que seul votre vétérinaire peut déterminer avec les examens appropriés.

Types de crises épileptiques chez les chiens

Toutes les convulsions ne se ressemblent pas, et reconnaître le type de crise de votre chien est une information précieuse que vous devriez consigner à chaque fois. Il existe deux grandes catégories :

  • Les crises focales n’affectent qu’une partie du cerveau et peuvent se manifester de manières que nous ne reconnaissons parfois pas comme des convulsions : un tressaillement de patte, des mouvements répétitifs de la mâchoire, un clignement persistant des yeux ou un épisode où le chien semble « perdu » ou effrayé sans raison apparente. Elles sont plus difficiles à identifier précisément parce qu’elles n’ont pas toujours l’image dramatique que nous associons au mot « convulsion ».
  • Les crises généralisées affectent les deux hémisphères du cerveau et produisent bien cette image que nous connaissons tous : le chien tombe sur le côté, devient rigide, tremble ou pédale avec ses pattes, perd le contrôle de ses sphincters, bave abondamment et ne répond pas aux stimuli. Elles durent généralement entre une et trois minutes.

Il existe également l’état de mal épileptique, qui est une urgence médicale : il se produit lorsqu’une crise dure plus de cinq minutes, ou lorsque plusieurs crises s’enchaînent sans que le chien ne reprenne conscience entre elles. Dans ce cas, il faut se rendre d’urgence à la clinique vétérinaire sans attendre. Sans exception.

Que faire pendant une crise

La première chose, et la plus difficile : garder son calme. Le chien n’est pas en danger immédiat lors d’une crise typique, même si cela en a l’air. Votre sérénité est ce que vous pouvez lui apporter de plus utile en ce moment.

  • Chronométrez la crise dès la première seconde. Le temps est la donnée la plus importante dont votre vétérinaire aura besoin, et lorsque vous êtes au milieu de la détresse, deux minutes semblent durer dix minutes. Utilisez le chronomètre de votre téléphone.
  • Assurez-vous que l’environnement est sûr : éloignez les objets durs ou pointus que le chien pourrait heurter en bougeant. Si vous êtes dans des escaliers ou près d’une pente, essayez de le protéger sans le retenir de force. Si possible, mettez quelque chose de doux sous sa tête — un t-shirt, un coussin — pour amortir l’impact.
  • Filmez la crise si vous le pouvez. Je sais que cela semble étrange dans un tel moment, mais une vidéo de trente secondes donne à votre vétérinaire des informations qu’aucune description verbale ne peut remplacer. Vous pouvez filmer et parler à votre chien en même temps.
  • Parlez-lui d’une voix calme. Il ne sait pas que vous êtes là, mais lorsqu’il commencera à reprendre ses esprits, votre voix pourra être la première chose à l’orienter.

Ce qu’il NE FAUT PAS faire pendant une crise

Cette section est tout aussi importante que la précédente, car les erreurs les plus courantes découlent de l’instinct de protéger le chien et finissent par être contre-productives.

  • Ne lui mettez pas la main dans la bouche. C’est l’erreur la plus fréquente, et elle est compréhensible : nous voulons éviter qu’il n’avale sa langue. Mais les chiens ne avalent pas leur langue pendant une crise, et ils peuvent vous mordre par inadvertance avec une force considérable. Ne le faites pas.
  • Ne le retenez pas et ne l’immobilisez pas. Le mouvement convulsif est involontaire et vouloir le bloquer peut causer des lésions musculaires ou articulaires. Ce que vous pouvez faire, c’est le guider doucement loin des dangers, sans le coincer.
  • Ne lui donnez ni eau ni médicaments par la bouche pendant la crise. Il ne peut pas avaler et risque d’aspirer le liquide dans ses poumons.
  • Ne l’entourez pas de trop de personnes et ne faites pas de bruits forts. Une stimulation excessive pendant et juste après la crise peut prolonger sa confusion.

Après la crise : La phase post-ictale

C’est un point qui perturbe profondément les propriétaires et qui est rarement bien expliqué : lorsque la convulsion se termine, le chien ne redevient pas lui-même immédiatement.

La phase post-ictale est la période de récupération qui suit la crise. Elle peut durer des minutes, voire des heures, et pendant ce temps, le chien peut paraître désorienté, tourner en rond, se cogner contre les murs, ne plus vous reconnaître, manifester une faim ou une soif extrêmes, ou être inhabituellement agité ou amorphe. Tout cela est normal. Le cerveau est en train de se réinitialiser.

Ce dont il a besoin à ce moment-là, c’est d’un environnement calme, sans stimulation excessive, avec un accès à de l’eau fraîche et votre présence apaisante. Ne le forcez ni à bouger ni à interagir. Laissez-le récupérer à son propre rythme.

Notez la durée de la phase post-ictale. C’est une autre donnée précieuse pour votre vétérinaire, car sa durée peut donner des indices sur l’intensité de l’épisode et la réponse du système nerveux.

Vous n’êtes pas seul dans cette épreuve

S’occuper d’un chien épileptique est épuisant d’une manière qu’il est difficile d’expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas vécu. C’est l’angoisse en quittant la maison. C’est se réveiller au milieu de la nuit pour vérifier qu’il respire. C’est réorganiser toute sa vie pour qu’il ne soit jamais seul trop longtemps. C’est reconstituer de mémoire chaque épisode avant chaque consultation vétérinaire, en essayant de se souvenir de sa durée, de son début, des médicaments qu’il a pris ce jour-là.

Je le sais parce que je l’ai vécu. C’est pourquoi j’ai créé DogEpiMonitor.

C’est une application conçue spécifiquement pour les propriétaires de chiens épileptiques : elle enregistre chaque crise avec toutes les données importantes, analyse les tendances, génère des rapports complets prêts pour votre vétérinaire en un seul clic, et dispose d’un espace communautaire où des propriétaires et des vétérinaires spécialisés de différents pays se soutiennent mutuellement.

Elle ne remplace pas votre vétérinaire. Elle le complète et l’amplifie. Et elle vous soutient dans tout le reste.

Si vous voulez savoir comment est né DogEpiMonitor et pourquoi, je vous invite à lire l’histoire de Walter →.

Votre chien vient d’être diagnostiqué épileptique ? Essayez DogEpiMonitor gratuitement. Nous sommes là pour vous accompagner.

dogepimonitor.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut